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Le Chabbat et les Fêtes Juives   

Le calendrier Juif

 

Chabbat

 

Rosh Hachana

 
Les jours de repentir  
Yom Kippour  
Soukkoth  
Hoshana Raba  
Chemini 'Astereth  
Simhath Torah  
Hanoukah  
Tou Bichvat  
Pourim  
Pessah  
Chavouot  
Le 9 Av  
 
Le calendrier Juif  

Le calendrier se réfère à la création du monde, en 3760 avant l’ère commune, selon la tradition juive. Ainsi, l’an 2005 de l’ère chrétienne correspond à l’année 5765 du calendrier juif.

Le calendrier hébraïque a une base à la fois lunaire et solaire. Il suit une année lunaire de douze mois, dont chacun compte 29 ou 30 jours (soit 354 jours). Mais comme les fêtes bibliques suivent les saisons agricoles de l’année solaire (soit 365 jours), il faut combler la différence de onze jours entre l’année lunaire et l’année solaire. On ajoute donc un treizième mois sept fois tous les dix-neuf ans. Les douze mois portent des noms d’origine babylonienne : Nissan, Iyar, Sivan, Tammouz, Av, Eloul, Tichri, Hechvan, Kislev, Tèvèt, Chevat, Adar. Adar II est le mois supplémentaire.

Une journée commence au coucher du soleil et s’achève le lendemain au coucher du soleil. Le Chabbat (septième jour) commence le vendredi soir et se termine le samedi soir. Toutes les fêtes commencent également au coucher du soleil.

Chabbat  

Septième jour de la semaine, jour de repos, le Chabbat est aussi le fondement du judaïsme. Il est considéré comme l’apogée de la Création du monde et le repos s’applique à toute la maisonnée, y compris aux animaux, au personnel de maison et aux invités de passage (c’est le quatrième des Dix Commandements, voir Deut. 5 :12-16 et Ex. 20 :2-14).

La base de cette ordonnance se trouve dans la Genèse : «Ainsi furent achevés les cieux et la terre et tout ce qu’ils renferment. Dieu acheva au septième jour l’œuvre qu’il avait faite et il se reposa au septième jour de toute l’œuvre qu’il avait faite. » (Genèse 2 : 1-2)

Le Chabbat commence le vendredi à la tombée de la nuit et se termine le samedi soir dès l’apparition de trois étoiles. C’est un jour de joie et de recueillement, où toutes les préoccupations de la semaine doivent être laissées de côté. C’est un moment hors du temps, un moment où l’on cesse de transformer le monde, de créer (même de la lumière), où l’on se consacre à la réflexion, à l’étude de la Torah, à la discussion en famille et entre amis, au repos. L’hospitalité est une des valeurs traditionnelles du Chabbat. Les repas, notamment, se prennent en famille et avec de nombreux amis.

Environ vingt minutes avant le coucher du soleil, on allume deux bougies en récitant une bénédiction, qui marque le début du Chabbat. Au retour de la synagogue, la famille se réunit autour de la table et on se souhaite « Chabbat chalom !» Souvent, le père bénit ses enfants. On récite d’abord la bénédiction sur le vin (« Kiddouch* »), puis celle sur deux pains (« Halot ») confectionnés spécialement. Le repas est festif, comportant des mets qui sortent de l’ordinaire. Il s’achève par des chants joyeux. Le samedi matin, on se rend à la synagogue pour la prière, au cours de laquelle est lu un passage de la Torah.

On rentre chez soi pour le repas de midi où est pratiqué un rituel semblable à celui du vendredi soir. L’après-midi est consacré au repos, à l’étude des textes bibliques, à la discussion en famille et entre amis. Pour marquer la fin du Chabbat, appelée « havdalah » (« séparation »), on prononce quatre bénédictions : sur le vin (sanctification), sur les épices (qui rappellent la douceur du Chabbat), sur les bougies (la fin de l’interdiction d’allumer du feu) et sur la séparation elle-même. On se souhaite ensuite une bonne semaine (« Chavoua tov ! »).

La Torah donne quelques indications sur l’interdiction d’accomplir certaines tâches pendant le Chabbat, notamment allumer du feu (Ex. 35 :2-3), labourer et moissonner (Ex. 34 :21), étendues au travail en général. Il existe des situations qui annulent les interdictions du Chabbat : la circoncision d’un nouveau-né le huitième jour et les préparatifs nécessaires à cette cérémonie sont permis le Chabbat. De même, tout doit être mis en œuvre pour aider une femme qui accouche et, plus généralement, pour sauver une vie humaine.

Rosh Hachana  

Rosh Hachana (littéralement "la tête de l'année"), l'une des grandes solennités du calendrier juif, est également appelé Yom Terouah ("Jour de la sonnerie du shofar"); Yom Hazikaron ("Jour du souvenir"); Zikhron Terouah ("Souvenir de la sonnerie du shofar"), et enfin Yom Hadin ("Jour du Jugement").

Rosh Hachana est célébrée au début du septième mois hébraïque (Tishri), durant deux jours consécutifs. Alors que Nissan est dans la Bible le premier mois de l'année c'est le mois de Tishri qui est considéré comme marquant le début de l'année civile, car c'est par ce mois-là que s'est faite la création du monde et que débute l'année du Jubilé.

ORIGINE DE ROSH HACHANA

Rosh Hachana est évoqué dans la Bible en ces termes : "...au septième mois, le premier jour du mois, aura lieu pour vous un repos solennel : commémoration par une fanfare, convocation sainte..." (Lévitique 23:24). Rosh Hachana revêt un caractère d'universalité puisque cette fête commémore la création du monde, qui s'est faite pour l'humanité tout entière.

La conception du Nouvel An en tant que YOM HADIN (Jour du Jugement) est d'origine rabbinique. Elle considère qu'en ce jour toute l'humanité est jugée par son Créateur, et que le sort de chaque individu est inscrit dans le Livre de la Vie.

Selon la tradition, plusieurs grands évènements ont eu lieu à Rosh Hachana :

  • La création du monde.
  • La naissance des patriarches (Abraham, Isaac, Jacob)
  • Les femmes stériles ont con?u un enfant : Sara, Rachel et Hana (la mère du prophète Samuel)
  • Joseph a été libéré de prison en Egypte.
  • Le travail forcé des Hébreux en Egypte a pris fin.
  • Selon un texte traditionnel, la rédemption des Juifs aura lieu à Rosh Hashana.

OBSERVANCE DE ROSH HACHANA
Tout au long du mois d'Eloul (qui précède Rosh Hachana), les Juifs s'affairent aux préparatifs des fêtes. Les sepharades disent les Selihoth (prières de pénitence) tous les matins pendant ce mois, tandis que les ashkenazes commencent à les dire une semaine environ avant la fête. On souffle le shofar aux offices du matin, les jours de semaine, afin d'amener les fidèles à se recueillir. On envoie des cartes de voeux de Nouvel An aux parents et aux amis. Les fidèles ont également l'habitude d'échanger leurs voeux à la veille du Nouvel An, à la fin de l'office, en employant l'expression hébra?que leshana tova tikatevou vetehatemou (litt. : "soyez inscrits et confirmés pour une bonne année").

Le repas de fête qui suit l'office du soir est inauguré par la récitation du Kidoush (prière de sanctification). Ensuite, chacun trempe un morceau de pomme dans le miel en disant : "Puisse Dieu nous accorder une année bonne et douce". Le pain est lui aussi trempé dans le miel, symbolisant ainsi l'espoir que l'année à venir soit douce comme ce pain. Dans les communautés sepharades, on apporte sur la table toute une série d'aliments sur lesquels on prononce des bénédictions, de façon à composer un véritable Seder, semblable à celui de Pessah. Le second soir, on goûte un fruit qui n'a pas encore été consommé durant l'année, et l'on récite la bénédiction appropriée.

A Rosh Hachana, la plupart des Juifs se rendent à la synagogue, et prient pour la vie et le bonheur des individus, et pour la paix de toute l'humanité. La prière Ounetan? Tokef ("Nous célébrerons la sainteté de ce jour") est l'une des plus importantes de la liturgie de cette fête : elle décrit le Jour du Jugement et se termine ainsi : "mais le repentir, la prière et la charité détournent le funeste décret". Les prières Malkioth, Zihronoth et Shofroth concernent l'acceptation du royaume de Dieu (Malkhouth), l'imploration de la miséricorde divine, en rappelant (Zihronoth) les mérites de nos ancètres, et l'espoir que la vie et la paix adviendront dans le monde entier, comme le proclame la sonnerie du shofar (Shofroth).

Ces sonneries du shofar, qui visent à provoquer le repentir des fidèles, ont lieu avant, pendant et après le service additionnel (Moussaf), sauf quand Rosh Hachana tombe un Chabbath. Le shoffar, fait d'une corne de bélier, se fait entendre une centaine de fois, par quatre sortes de sonneries :

  • Tekia - une note prolongée et profonde, qui se termine abruptement
  • Shevarim - trois notes courtes
  • Teroua - neuf notes courtes
  • La dernière sonnerie, appelée la Tekiah guedola, est prolongée.
L'après-midi du premier jour de Rosh Hachana, les Juifs se rendent au bord de la mer ou des rivières pour y réciter des versets des prophètes et les prières appropriées. Cette cérémonie, appelée TASHLIKH, symbolise le fait de lancer (tashlih) nos péchés dans les profondeurs des eaux.
Les jours de repentir  

Rosh Hachana ouvre les dix "Jours de Repentir" (Assereth Yemei Teshouva) ou "Jours redoutables" (Yamim noraim). On continue à dire les Selihoth tous les matins. Le Shabath qui tombe durant ces dix jours est appelé "Shabath du repentir" (Shabath Tshouva). Pendant l'office du matin on y lit la section des Prophètes (Haftara), dans le Livre d'Osée qui commence par le mot Tshouva (Osée ch.14). ("retour"), dans laquelle Israël est exhorté à revenir vers Dieu.

Ces dix jours qui séparent Rosh Hachana de Yom Kippour constituent une période de retour sur soi, un examen de conscience qui nous amène à reconsidérer notre façon de vivre : une occasion nous est offerte d'envisager des changements constructifs dans notre vie quotidienne. Considérant la fin de l'année écoulée et de début d'une année nouvelle, nous prenons conscience de la nature fluctuante et éphémère de l'existence et nous commençons a réaliser que nous dépendons de la Miséricorde divine.

Yom Kippour  

Les jours de repentir atteignent leur point culminant à Yom Kippour (Jour de l'Expiation), au dixième jour du mois de Tishri. C'est le jour le plus saint de l'année juive. Yom Kippour, appelé communément « jour du grand Pardon » est le jour de la ferveur juive par excellence.

La fête de Yom Kippour est donc célébrée au dixième jour du mois de Tishri, au moment où le sort de chaque individu est, allégoriquement parlant, "scellé" pour l'année à venir dans le "Livre de la Vie".

Yom Kippour - le Jour de l'Expiation - est la seule fête juive, avec Rosh Hachana, qui ne soit pas liée a un quelconque concept historique, national ou agricole. La plupart des fêtes juives possèdent une signification nationale, à laquelle même les Juifs non-religieux peuvent s'attacher. Yom Kippour ne concerne que la relation de l'homme à D.ieu et à autrui, et le pardon qui doit être implore de D.ieu. Durant les jours qui précèdent le Jour de Kippour, on doit demander pardon à ceux que l'on a pu offenser au cours de l'année.


ORIGINE DE CETTE CELEBRATION
"Et ceci sera pour vous une loi perpétuelle : au septième mois, le dixième jour du mois, vous mortifierez vos personnes et ne ferez aucun ouvrage... Car en ce jour, on fera propiation sur vous afin de vous purifier ; vous serez purs de tous vos péchés devant l'Eternel. C'est pour vous un Chabbath, un Chabbath solennel..." (Lévitique 16 : 29-31). "Vous mortifierez vos personnes" est interprété comme une injonction de s'abstenir de toute nourriture et de toute boisson en ce Jour d'expiation.


OBSERVANCE DE YOM KIPPOUR
La veille de Yom Kippour, considérée comme une demi-fête, soulève des sentiments mêlés de joie et de solennité. Ce jour est marqué par des dons généreux. L'argent, donné au cours des cérémonies de kaparoth, qui évoquent l'offrande de sacrifices, est distribué à des causes charitables. On demande pardon à ceux qui ont été offensés ou blessés, et la paix est faite entre les parties en litige. A la fin du dernier repas précédant la fête, le père bénit ses enfants. Une bougie comé?morative, qui brûlera durant vingt-quatre heures est allumée en souvenir des disparus.

A la synagogue, les fidèles sont vêtus de blanc, symbole de pureté La prière Kol Nidre ("tous les voeux") est chantée avant le service du soir de Yom Kippour. Il s'agit d'une abrogation solennelle de tous les voeux prononcés pendant l'année écoulée, qui vise à délier les fidèles d'engagements qui auraient pu rester inaccomplis par négligence ou par oubli. Ce pouvoir de délier ne se réfère qu'aux voeux individuels, qui procèdent de la relation entre l'homme et Dieu. Aucun engagement ou promesse qui engagerait une tierce personne, une communauté ou une Cour de justice ne peut être délié par cette prière du Kol Nidre.

L'imploration du pardon des péchés constitue la majeure partie du rituel de Yom Kippour. Dans le Vidouï ("Confession") les péchés énumérés peuvent ne pas avoir été commis par un individu spécifique, mais l'imploration du pardon est faite au nom de tout Israël. Une personne ne peut être pardonnée en ce jour pour des péchés commis à l'encontre d'autrui, si elle n'a pas reconnu ses torts et n'a pas fait amende honorable auprès de l'individu en question avant la fête.

Des offices comméoratifs ont lieu en souvenir des parents et des proches disparus. La priere de la Nehila, qui constitue la fin de l'office, est empreinte d'une solennité toute particulière. L'Arche d'Alliance demeure ouverte durant tout cet office, qui se clôt par la sonnerie du shofar.

La leçon la plus significative de cette fête est celle de la sincérité. D.ieu ne désire pas simplement des marques extèrieures de dévotion. Une lecture mécanique des prières, et un repentir qui n'amènerait pas de changement pour l'individu, sont autant de reniements du sens véritable de Yom Kippour. Le jeûne est insuffisant en lui- même s'il n'est accompagné d'un repentir sincère.

Le prophête Isaïe (58 : 6-7) décrit la célébration qui est agréable au Seigneur : "Mais voici le jeûne que j'aime : c'est de rompre les chaînes de l'injustice, de dénouer les liens de tous les jougs, de renvoyer libres ceux qu'on opprime, de briser enfin toute servitude; puis encore de partager ton pain avec l'affamé, de recueillir dans ta maison les malheureux sans asile".


EN ISRAEL
La solennité de Yom Kippour revêt une dimension spéciale en Israël, et en particulier à Jérusalem. Pendant 24 heures, les voitures ne circulent pas dans les rues : le juif le plus éloigné des pratiques de la religion ne voudrait pas profaner la sainteté de ce jour. Lorsque le crépuscule descend et que le long jour de jeûne et de prières s'achève, la foule emplit les synagogues et des milliers de fidèles cheminent vers le Mur occidental (Kotel), le lieu le plus saint du judaïsme, pour y entendre l'ultime sonnerie du shoffar (la corne de bélier). Lorsque cette sonnerie transperce la nuit, nous songeons à ces paroles d'Isaïe adressées aux exilés : "En ce jour résonnera la grande trompette ; alors arriveront ceux qui étaient perdus dans le pays d'Achour" (Isaïe 27 : 13).

Soukkoth fête de la joie  

Le mois de Tishri est le premier de l’année juive, et le plus riche en fêtes et solennités : Roch Hachana (1er et 2 du mois) ; Yom Kippour (le 10 du mois) ; et Soukkoth (le 15 et 16 Tishri), qui dure sept jours et se prolonge par Chemini Atsereth et Sim'hath Torah (le 22 et le 23 Tishri); ces deux dernières solennités sont célébrées ensembles le 22 Tishri en Israël.
Les dix premiers jours du mois sont appelés les "Jours redoutables", jours de gravité, de recueillement et de retour sur soi que conclut - au terme d'une gradation insensible vers la sainteté, la pureté, la pénitence et le pardon - la journée solennelle du Yom Kippour.

Rosh Hachana et Yom Kippour sont des solennités empreintes de gravité et d’austérité, tandis que Soukkoth et Sim'hath Torah sont célébrées sous le signe de la joie et de l’allégresse. On les appelle Zmanei sim'hatenou : "temps de notre joie".

A la suite de Pessah et de Chavouoth, Soukkoth est la troisième des fêtes de pélerinage : lorsque le Temple de Jérusalem existait, le peuple s'y rendait en procession au cours de ces trois fêtes, pour apporter des offrandes sur l'autel. Pour cette raison, la Torah d?éigne ces trois solennités sous le nom de : "fêtes de D.ieu".

La fête en elle-même porte plusieurs noms. La Bible l'appelle 'Hag HaSoukkoth (fête des tentes ou fête des cabanes), 'Hag Haassif (fête de la récolte) ou simplement He'hag, c’est-à-dire : la Fête par excellence, celle ou la joie est la plus franche.

En effet, à Pessah, la Torah (Deutéronome 16) ne nous ordonne guère explicitement de nous livrer à la joie. A l'occasion de Chavouoth, il nous est prescrit une seule fois : "Et tu te réjouiras devant l'Eternel ton D.ieu..." tandis qu'à Soukkoth, les invitations à la joie et à l’allégresse apparaissent trois fois.


LES EVENEMENTS QUI MARQUENT LA FETE

LA SOUKKAH

Couverte uniquement de feuillage, la soukkah se dresse directement sous la voûte du ciel, refusant de l'arbre ou du toit de la maison la protection et l'ombrage. Parfois, elle est perchée sur un balcon dont elle utilise la barre d'appui et le mur, ou bien elle occupe une pièce dans l'appartement, située immédiatement sous le toit, dont on a remplacé momentan?ment les tuiles par des feuilles. C'est cette voûte rustique, le sekhah -impliqué dans le mot soukkah- qui représente la partie la plus importante. Seuls y sont admis branchages et feuillages, soutenus par des lattes en forme de claie. Ils sont suffisamment fournis pour que l'ombre qu'ils projettent sur le sol soit plus étendue que le jour qui parvient à les traverser. Par ses interstices, on peut cependant la nuit, apercevoir les étoiles et la soukkah n'est pas assez épaisse pour s'opposer à la pluie.

Pendant les sept jours, la soukkah remplace littéralement la demeure habituelle. On y prend tous ses repas, sauf s'il pleut ou si le temps est trop rigoureux. Sont en effet dispensés du commandement d'habiter dans la soukkah tous ceux qui s'en trouvent incommodés. C'est pour cette question sans doute que la prescription impérative d'y dormir est tombée quelque peu en désuétude dans les pays où le froid en rend l'accomplissement dangereux pour la santé. On y passe son temps dans la mesure du possible, on y lit et étudie, on y reçoit ses amis.

Sa garniture de fruits et de fleurs, de guirlandes d'origines diverses, en rappelle la signification agricole tout en l’égayant : tapis, draperies, tableaux, le beau linge et la plus riche vaisselle émigrent de la maison pour lui conférer un caractère confortable sinon luxueux.

Chaque fois que l'on se rend dans la soukkah pour y séjourner, et en tous cas avant les repas, on bénit "Celui qui nous a sanctifié par ses commandements et nous a ordonné de résider dans la soukkah."

Dans une prière d'origine kabbalistique, on invite également certains hôtes célestes" : Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moise, Aaron et David. Par leur présence invisible dans la soukkah, ces pères protecteurs ne rappellent pas seulement la grandeur du passé, mais encouragent aussi les Juifs, soumis à la tragédie de l'exil et de la dispersion, à supporter et à attendre la délivrance avec confiance.

L'usage s'est répandu peu à peu de construire dans la cour de la synagogue une soukkah communautaire, destinée à ceux qui sont dans l’impossibilité matérielle d'en posséder une.

La soukkah a une particularité qui la rend supérieure à tous les autres commandements, : ceux-ci sont pratiqués avec une certaine partie du corps, ou impliquent certaines activités spécifiques, par exemple, les tefilin sont mis sur le bras et sur la tête. Par contre, le commandement de la soukkah "entoure" tout notre corps et englobe toutes les activités humaines. Ainsi, pendant la semaine de Soukkoth, toutes nos activités quotidiennes - boire, manger ou dormir, etc. - deviennent des mitsvoth, des commandements divins et des actions saintes parce que nous les accomplissons dans la soukkah.

LE LOULAV

Le loulav est un bouquet de feuillages, composé d'une palme, de trois rameaux de myrte, et deux rameaux de saule, auxquels on adjoint un cédrat. Il est agité à la synagogue pendant les jours de Soukkoth et de 'hol hamoed.

"Vous prendrez le premier jour, du fruit de l'arbre Hadar, des branches de palmier, des rameaux de l'arbre Aboth et des saules de rivière; et vous vous réjouirez, en présence de l'Eternel votre D.ieu, durant sept jours" (Lévitique 23:40).
On observe pendant toute la fête de Soukkoth, sauf le Shabath, le commandement des arba'a minim. Ces "quatre espèces" comprennent : un cédrat -ethrog- ; une palme -loulav- ; trois rameaux de myrte -hadassim- ; et deux de saule -'aravoth-. Les branches sont liées à la palme, généralement par trois noeuds tressés au moyen de feuilles ou de fibres provenant du loulav lui-même.

A la fin de la prière du matin, on saisit le bouquet ainsi constitué dans la main droite, y joignant le cédrat tenu verticalement dans la main gauche, et on les agite par trois fois dans la direction des points cardinaux, puis vers le haut et le bas. Une bénédiction procède ces gestes qui se répéteront à plusieurs reprises au cours de la récitation des psaumes du Hallel. Il est recommandé de posséder son propre loulav, bien qu'à la rigueur on puisse emprunter celui de la communauté.

Selon Maïmonide, les quatre espèces végétales représentent le plus beau fruit (cédrat), le meilleur parfum (myrte), la plus belle feuille (palmier), et la précieuse plante dont la présence indique la proximité de l'eau (saule).

La Kabale propose une autre interprétation symbolique :
Les quatre espèces représentent les quatre catégories d'hommes qui forment le peuple d’Israël : Les hommes de savoir et de mérite (le cédrat, qui joint le parfum à la beauté) ; les hommes de savoir mais dépourvus de mérite (le myrte, parfumé mais d'aspect quelconque) ; les hommes de mérite mais qui n'ont aucun savoir (la branche de palmier, majestueuse mais inodore) ; et enfin, les hommes ignorants que ne rachètent aucune action méritoire, assimilés au saule qui est sans beauté ni parfum.

RITUEL

Le premier jour de Soukkoth (les deux premiers jours en Diaspora), on entrecoupe l'office de piyoutim (poèmes religieux composés au moyen-âge) ayant trait ? la souka et au loulav.

On lit dans la Torah le passage de la section Emor, relatif au Chabbath et aux fêtes dont Soukkoth termine la liste (Lévitique 22:26-23:44).

Dans le dernier chapitre de son livre choisi comme haftara du premier jour (chapitre 14:1-21), le prophète Zacharie annonce qu'un temps viendra où tous les peuples se réuniront pour lutter contre Jérusalem et s'en empareront. Mais le Seigneur sortira alors pour les combattre, et les anéantira. "Et ceux qui se seront dressés contre Jérusalem y monteront chaque année pour se prosterner devant le Roi Seigneur des Armées, et célébrer la solennité de Soukkoth". Car, dans sa signification profonde, la fête des Cabanes, symbole de la protection divine, est aussi préfiguration de l’ère messianique où l’humanité entière reconnaîtra la souveraineté du seul D.ieu.

Le lendemain, la haftara, tirée du livre des Rois (1Rois 8:2-21), relate l'inauguration du Temple de Salomon dont les festivités eurent lieu durant le mois de Tishri, pendant la fête de Soukkoth.

Après la prière de Moussaf, munie de loulavim, Sefer Torah en tête, une procession, partant de l'Arche sainte, fait le tour de l'assemblée en chantant les Hosha'noth. Ces poèmes liturgiques doivent leur nom au terme de Hosha'na (Hosanna) qui, comme un refrain, en termine les versets.

'HOL HAMOED

'Hol hamoed signifie littéralement : "jours non fériés au sein d'une fête". Ce terme désigne les jours intermédiaires des fêtes de Soukkoth, Hanouka et Pessah.

Pratiquement, les jours de demi-fête ne présentent plus guère de différences sensibles avec les jours ouvrables ordinaires. Quelques additions dans la liturgie: chant du Hallel, lecture de la Loi, office de Moussaf avec Hoshanoth et prise du loulav.

En principe, de nombreux travaux sont interdits et à maintes reprises, les maîtres du Talmud condamnent ceux qui profanent le caractère semi-sacré de cette période. Seuls, sont vraiment autorisés les travaux nécessaires aux besoins de la fête et ceux dont l'abstention entraînerait une perte matérielle sensible. Mais la rigueur économique a considérablement élargi cette catégorie.

En Israël, de nombreuses entreprises et administrations sont fermées pendant cette semaine, ainsi que les écoles, ce qui donne à cette période une ambiance de vacances dans tout le pays. Nombreux sont les Israéliens qui se rendent à Jérusalem en souvenir des fêtes de pèlerinages et c'est aussi un moment privilégié de visite pour les Juifs de Diaspora. Le cinquième jour de 'hol hamoed, tous se pressent en foule au Mur des Lamentations (Kotel) pour assister à la cérémonie de la Bénédiction des prêtres (Birkath Cohanim).

Le Shabath 'hol hamoed, la lecture de L'Ecclésiaste (Koheleth) précède celle de la Torah. "Vanité des vanités, dit Koheleth, tout est vanité... mais, crains D.ieu et observe ses commandements, c'est là tout l'homme !... " La vanité des biens terrestres, la recherche du bonheur éternel et absolu qu'apporte la crainte du Seigneur, sont aussi un des sens de la frèle Soukkah, dressée à l'approche de la saison des pluies.
La haftara (Ez?chiel 38:18 - 39:11) s'apparente à celle du premier jour de Soukkoth : description du bouleversement général, prélude des temps messianiques, causé par la guerre divine contre Gog et Magog.

CELEBRATIONS DE CLOTURE


HOSHANA RABA

Déjà à l’époque du Temple, le dernier jour de 'hol hamoed occupait une place à part. Aujourd'hui, en souvenir de cette cérémonie, tous les fidèles, loulav en main, font en cortège sept fois le tour de l'almemor (estrade) sur lequel repose un Sefer Torah, en chantant : "O Seigneur, secours-nous !" (Psaume 118:25).

Puis, également pour rappeler une antique coutume, on accomplit le commandement dit des Hosha'noth" : apr?s avoir pose le loulav, chacun saisit un bouquet de cinq beaux rameaux de saule, liés par une feuille de palmier, puis les effeuille en les frappant trois fois sur un meuble ou sur le sol. Si, selon certains, cet usage concrétise la joie de la fête, symbolisant l'abondance des pluies, condition de la fécondité de la terre et de notre prospérité, pour d'autres il préfigure la disparition du mal, signe précurseur de l’avènement messianique. Selon une croyance populaire, le verdict prononce à Rosh Hachana et scellé à Kippour reçoit à Hosha'na Raba force exécutoire. Aussi le service synagogal y gagne-t-il une solennité particulière.

Plusieurs cérémonies directement liées à la demande de la pluie jalonnent la fête de Soukkoth. On considère que le sol d'Eretz Israël doit être arrosé entre Soukkoth et Pessah. Mais si la pluie commence à tomber avant Shemini 'Atsereth, lorsque les Juifs demeurent encore dans la soukkah, nos sages considèrent qu'il s'agit d'un présage défavorable.

Le battage des branches de saules à Hoshana Raba est une cérémonie incantatoire et presque magique : le saule pousse au bord de la rivière et sa présence indique celle de l'eau. Par l'effeuillage de ses rameaux dans la synagogue, on suscite une pluie de feuilles qui évoque la pluie véritable.

Le lendemain, on commence à introduire dans les Dix-huit bénédictions (le Shemonei-Essrei) la bénédiction spéciale pour demander la pluie.


CHEMINI 'ATSERETH

Fête de la clôture, clôture du cycle annuel des fêtes : En Israël, venu en pèlerinage dans son Temple, offrant chaque jour de Soukkoth un nombre de sacrifices toujours croissant en faveur des soixante-dix nations de la terre, D.ieu, semblable à un père qui reçoit la visite de ses enfants, adresse les paroles suivantes au moment de la séparation : "Restez donc un jour de plus, un jour où nous resterons vraiment entre nous !"

De nombreuses expressions liturgiques soulignent le caractère à part de cette fête, son individualité propre dont un sacrifice spécial rendait compte jadis. En Eretz Israël, le commandement d'habiter dans la soukkah cesse dès la tombée de la huitième nuit; si elle se maintient encore le 22 Tishri dans la Diaspora, c'est en vertu de la règle qui veut que l'on y prolonge d'un jour les fêtes bibliques.

Pour la lecture de la Torah des derniers jours de toutes les fêtes de pèlerinage, on a choisi les chapitres 15:19, 16-17 du Deutéronome qui contiennent, outre les prescriptions relatives à ces trois solennités, les règles des différentes dogmes.

Puis, une cérémonie est consacrée au souvenir des parents disparus et à la mémoire de tous les martyrs d’Israël : née en Europe orientale, elle tend actuellement à se généraliser.

Pendant les six ou sept mois qui séparent Chemini 'Atsereth de Pessah et qui constituent en Eretz Israël la période des pluies, on intercale dans la deuxième bénédiction du Shemone-Essrei, après la phrase : "Tu es puissant à jamais, Seigneur, tu ressusciteras les morts, toi qui es grand pour sauver", la formule "faisant souffler le vent et tomber la pluie". C'est au cours de l'office de Moussaf de cette fête qu'on l'introduit solennellement.

SIM'HATH TORAH

La deuxième journée de Chemini 'Atsereth, célébrée en diaspora, possède comme son nom l'indique, un caractère de liesse tout particulier : "joie de la Torah". Cette solennité se célèbre le jour-même de Chemini 'Atsereth en Eretz Israël.

UNE FETE AUX MULTIPLES DIMENSIONS
Après avoir pris connaissance du détail des nombreuses péripéties qui caractérisent la fête de Soukkoth, on se rend compte aisément qu'il s'agit de bien autre chose que d'un simple séjour d'une semaine dans une cabane.
Les évènements qui se déroulent pendant la fête suggèrent une pluralité de symboles :

  • C'est la fête de la joie et de la liberté : libéré de l'esclavage d'Egypte, le peuple juif poursuit sa route vers la Terre promise sous la protection de son D.ieu. C'est cette même impression de liberté joyeuse qu’éprouve l'homme juif qui séjourne sous cette toiture qui lui permet de contempler le soleil et les étoiles, "libéré de la contrainte" de sa maison aux murs de pierre.
  • C'est la fête où l'homme exprime sa confiance envers la nature, qu'il glorifie en réunissant dans le loulav ses plus belles espèces, et en décorant la soukkah des fruits de l'automne. La nature est la source vitale et, au seuil d'un nouveau cycle, on veut croire qu'elle sera toujours féconde et généreuse.
  • Mais les Juifs savent que la condition sine qua non de leur survie est l'abondance de la pluie. Pendant les deux derniers jours de la fête, ils multiplient les prières et invocations qui montrent que, sous la joie paisible de la fin des récoltes, ils ne peuvent se défendre d'une certaine angoisse au sujet de l’année qui s'ouvre.
  • On a dit souvent que le judaïsme opérait une sanctification du temps ; cette dimension est particulièrement manifeste à Soukkoth. C'est la dernière des trois fêtes dont il est dit : "Telles sont les fêtes de l'Eternel que vous célébrerez en leur temps" (Lévitique chap. 23).
  • Le temps n'est pas seulement le cycle naturel des saisons, c'est aussi l'histoire : Soukkoth est l’époque où la sortie d'Egypte est accomplie et où l'HISTOIRE DU PEUPLE JUIF COMMENCE VERITABLEMENT. Le temps se trouve encore sanctifié à la fin de la fête, lorsque se termine et recommence la lecture de la Torah : cycle éternel qui rythme les semaines du peuple juif et assure sa pérennité à travers l'histoire des nations.
  • Aussi, la joie que l'on éprouve à Soukkoth est bien plus qu'une simple liesse populaire : c'est une joie profonde, celle de l'homme juif réconcilié avec sa terre, avec son histoire et plein d'espoir pour l'avenir.
Hanoukah la fête des lumières  

(25 Kislev- 3 Tèvèt, novembre-décembre)

Cette fête commémore la révolte juive contre les troupes syriennes hellénisées d’Antiochus Epiphane et la libération du Temple de Jérusalem par Judah Macchabée, entre 165 et 163 avant l’ère commune. « Hanoucah » signifie « inauguration » en hébreu, celle du Temple après sa profanation par les Grecs, qui voulaient détruire le judaïsme et helléniser l’ensemble du royaume. D’après la tradition rabbinique, les Juifs emmenés par Judah Macchabée libérèrent le Temple de Jérusalem saccagé. Ils trouvèrent une fiole d’huile pure pour rallumer la lumière éternelle, qui n’aurait dû suffire que pour un seul jour mais qui, par miracle, en dura huit. C’est pourquoi il est prescrit d’allumer chez soi un chandelier à huit branches, appelé Hanoukiyah. On allume une bougie le premier soir, deux le deuxième, en ajoutant une flamme supplémentaire de gauche à droite jusqu’au huitième soir. Une neuvième bougie sert à allumer les autres.

La coutume veut que l’on mange des plats faits à base d’huile, notamment des beignets. On joue avec une toupie à quatre faces sur laquelle sont inscrites les initiales de la phrase : « un grand miracle eut lieu là-bas. » On offre des cadeaux aux enfants.

Cette fête, à la fois religieuse et historique, est devenu le symbole de la victoire du petit nombre sur le grand nombre.

Tou Bichvat Nouvel an des arbres  

(15 Chevat, janvier-février)


Appelée aussi le Nouvel An des arbres, cette célébration correspond à la période de la montée de la sève, avant le réveil du printemps. Rappel du cycle saisonnier et agricole, elle est marquée par la consommation de fruits et la plantation d’arbres.

Pourim les sorts  

(14 Adar, février-mars)


Cette fête commémore le salut des Juifs de l’Empire perse au Ve siècle avant l’ère commune. Le roi Assuérus avait un ministre, Haman, qui avait secrètement tiré au sort la date du 13 Adar pour massacrer les Juifs. La reine Esther, juive et épouse du roi, révéla le complot d’Haman à son mari qui fit annuler le décret du massacre. C’est cette délivrance providentielle que l’on célèbre en lisant le l’histoire d’Esther, récit des événements écrit sur un rouleau (« Meguila »). Adultes et enfants assistent déguisés à la lecture. A la mention du nom du vilain ministre, les fidèles agitent des crécelles et font du chahut, dans une joyeuse atmosphère de carnaval. On mange des pâtisseries traditionnelles et l’on monte de courtes pièces de théâtre ou sketches dans lesquels on use de la parodie et de la satire.

Pessah la Sortie d'Egypte  

(15-21/22 Nissane, mars-avril)

C’est l’une des trois fêtes de pèlerinage avec Chavouot et Souccot. Pessah est célébré pendant huit jours, sur des bases historiques et agricoles. Historiquement, il commémore l’exode des Juifs et la fin de l’esclavage en Egypte. Du point de vue agraire, c’est la célébration du printemps au début de la moisson de l’orge.

Cette sortie d’Egypte ne fut possible qu’après que D.ieu fit s’abattre dix plaies sur les Egyptiens, tout en épargnant les Juifs. Ceux-ci avaient utilisé le sang d’un agneau pour identifier les montants de leurs portes, signalant ainsi à l’Ange de la mort qu’il devait « passer au-dessus » de ces portes, d’où le nom de « fête du passage ».

Pendant la durée de la fête, les Juifs mangent du pain « azyme », appelé « matzah », c’est-à-dire sans levain, en commémoration du départ précipité des Juifs hors d’Egypte, car le pain n’avait pas eu le temps de lever.

Avant la fête, on nettoie méthodiquement la maison pour faire disparaître toute miette de pain et tout aliment contenant du blé fermenté (pâtes, biscuits, gâteaux, etc.).

Les deux premiers soirs de Pessah, on célèbre le « séder » (« ordre » en hébreu), c’est-à-dire un repas dont le déroulement suit un ordre précis : on lit la « Haggadah », le récit de la libération de l’esclavage et de la sortie d’Egypte, en mangeant des aliments symboliques : des herbes amères représentant les temps difficiles vécus par les Israélites esclaves, une pâte de fruits rappelant le mortier utilisé par les esclaves, du pain azyme en souvenir de la fuite précipitée. On chante des hymnes, on mange abondamment, entouré de parents et d’amis.

Le séder est l’un des rituels les plus observés par le peuple juif et, du point de vue symbolique, le plus important puisqu’il célèbre la liberté retrouvée. Au deuxième soir de Pessah, on commence à compter l’Omer, les 49 jours qui mènent à la fête de Chavouot

Chavouot la fête des Tabernacles  

(6 Sivane, mai-juin)

Chavouot est l’une des trois fêtes de pèlerinage avec Pessah et Souccot, son nom signifie « semaines » en hébreu, les sept qui la séparent de la fête de Pessah*. En français, on l’appelle « Pentecôte » (du grec : « cinquantième », puisqu’elle tombe cinquante jours après Pessah).

Cette fête commémore la Révélation faite à Moïse sur le mont Sinaï, le don de la Torah et les Dix Commandements devant le peuple d’Israël réuni. A la synagogue, on lit les Dix Commandements, ainsi que le livre de Ruth, illustration de la fidélité sans faille du peuple juif à la Torah. Dans l’Antiquité, Chavouot était aussi la fête des moissons, raison pour laquelle on décore la synagogue avec des fleurs et des plantes.

Le 9 Av  

9 Av : la destruction du Temple de Jérusalem (juillet-août)

Le neuvième jour du mois d’Av (« Ticha Béav » en hébreu) est une journée de jeûne en commémoration de la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en 70. Dans les synagogues, on s’assoit à même le sol en signe de deuil. On lit le rouleau des Lamentations et d’autres élégies empreintes de nostalgie et de tristesse.

Depuis 1967, quand le mur occidental (Kotel Hamaaravi « mur des Lamentations »), dernier vestige du Temple, a été repris par l’armée israélienne, des milliers de Juifs viennent prier le 9 Av sur l’esplanade devant le Mur, toute la journée et toute la nuit. C’est le jour le plus sombre du calendrier juif.


 
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