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Devoir - L'accompagnement des morts |
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La tradition juive compte, parmi les " mitsvoh
" (commandements) ou devoirs primordiaux à
remplir, les soins, visites, prières à
prodiguer aux malades ainsi que l'accompagnement des
morts à leur dernière demeure. Il existe,
au sein de chaque communauté juive, une société
dont les membres rendent visite aux malades, les confortent
dans leurs derniers moments puis se chargent d'exécuter
les mitsvoh liées au deuil : offices, consolations
prodiguées aux parents du défunt... C'est
la "Hevra Kadicha". Elle permet de rendre
le dernier devoir au défunt.
Au Consistoire de Nice, le Service de la "Hévra
Kadicha" est entièrement dédié
aux fonctions d'organisation des enterrements et d'accompagnement
des personnes en deuil avec execution des mitsvoth liées
au deuil.
Pour contacter le service, il faut appeler au Secrétariat
du Consistoire, 1, rue Voltaire : 04 93 92 11 38 ou
au 06 60 93 86 32 qui prendra toutes les dispositions
primordiales. Le responsable de la "Hevra Kadichah"
est le Rabbin ABITTAN.
L'organisateur de la Hevra Kadicha est M. Simon ATTIA
(06 60 51 38 62).
Ne pas contacter lors des Chabbath ou jour de fêtes.
Le service consistorial du Dernier Devoir a interdit
toute quête ou collecte tant au domicile des familles
endeuillées que dans les cimetières.
Ces services sont rendus,
sans distinction, aux riches comme aux pauvres d'une
même communauté. Il n'est procédé
à aucun préparatif particulier en prévision
de la mort prochaine. La mort appréhendée
avec sérénité tant par l'agonisant
que par ceux qui l'entourent. Il convient cependant
de rappeler deux interdictions du Judaïsme découlant
du commandement " tu ne tueras point ", à
savoir le suicide et l'euthanasie.
Des prières
et des psaumes sont récités lors des derniers
moments et, en particulier, le " Chema " profession
de foi du juif, également dite à la fin
du Kippour. C'est sur le dernier mot du " Chema
" : " E'had " (" Un ") que
l'âme du défunt se sépare du corps.
Le décès est annoncé par ces mots
: " Béni soit le Juge de Vérité
". Anciennement, la coutume voulait que le corps
soit posé à terre, sur une planche ou
sur de la paille et recouvert d'un drap.
Lorsque l'agonie d'un malade a commencé et qu'il
est sur le point de rendre son âme à D.ieu,
les assistants disent :
. 1 fois : Adonaye melekh adonaye malakh - Adonaye imlokh
le ôlam va "ëd
. 3 fois : Baroukh shem kevod malkhoutô le ôlam
va"ëd
. 1 fois : Shema Israël adonaye elohenou adonaye
é'had.
Dès qu'un décès est constaté,
les assitants prononcent la bénéfiction
suivante :
Baroukh dayan haémeth : Béni (soit) le
Juge véritable.
On ferme les yeux du défunt, on entoure sa tête
d'une serviette ou d'un mouchoir pour que sa bouche
ne reste pas ouverte. On étend ses membres -
ses bras en particulier - le long du corps; on allume
une veilleuse, ou couvre les glaces.
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La
veillée mortuaire |
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"Que D. console les familles éplorées
comme il consolera les Exilés de Sion."
La toilette mortuaire, “Tahara” (purification),
est emprunte d'une grande décence. Le corps est
recouvert d’un drap blanc et aspergé
d’eau tiède ; puis il est nettoyé
en entier, en commençant par la tête, et
essuyé. On verse ensuite de l’eau sur le
corps en prononçant les versets rituels
” Et je verserai sur vous de l'eau pure et vous
serez purifiés de toutes vos impuretés
et de toutes vos souillures ; Je vous purifierai ".
Le mort est alors revêtu de ses “Takhrikhine”
- vêtement mortuaire de toile blanche identique
pour tous - puis déposé dans le cercueil,
le visage tourné vers le haut, la tête
posée sur un peu de terre d'Israël. Si c'est
un homme, il est enveloppé dans un “Tallith”
(châle de prière garni aux quatre coins
de “Tsitsith” : des franges rituelles rappelant
les commandements de Dieu, que tout juif fidèle
doit porter). Cependant, l’un des quatre coins
du “Talith” aura préalablement été
coupé.
Le corps du défunt doit être veillé.
Jusqu'à l'inhumation, les personnes qui prennent
le deuil sont dispensées de certaines obligations
religieuses (prières, téfilines). Elles
ne comptent pas pour le minyan, pais peuvent et doivent
se préoccuper de régler tous les problèmes
relatifs à l'enterrement.
Une veilleuse pourra être allumée à
la mémoire du défunt. L'usage et la tradition
juive ont conservé certains rites tels que celui
de la lumière placée près de la
tête du défunt, lumière symbolisant
l'âme immortelle. Le disparu sera veillé
sans interruption jusqu'à son ensevelissement.
On récitera des Tehilim tout au long de la veillée.
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L'enterrement
- La Levaya |
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Les proches parents du défunt, désignés
par le terme de “Onenim” (Affligés),
ne consomment ni viande ni vin (sauf pour le Sabbat)
entre le moment du décès et l’enterrement.
Les aliments de deuil sont généralement
des légumes secs cuits et salés. Les “Onenim”
s’occupent des démarches afférentes
à l’inhumation et ont l’autorisation
de vaquer à leurs occupations. Ils sont
dispensés de réciter les prières
et de porter les “Teffiline” (boîtes
cubiques noires renfermant quatre textes de la Torah
écrits sur parchemin, que les fidèles
attachent sur leur tête et sur leur bras gauche
pendant la prière).
L’accompagnement du défunt au cimetière
est un commandement à honorer par égard
pour lui et pour ses proches.
L’inhumation est toujours très simple.
Sans fleurs ni couronnes. Après l’oraison
funèbre, le cercueil est descendu dans la tombe.
Puis, le Rabbin et les assistants lancent chacun trois
pelletées de terre en prononçant les paroles
rituelles “Tu viens de la poussière et
à la poussière tu retournes ; la poussière
retourne à la terre d'où elle est venue
et l'âme retourne vers Dieu qui l'a donnée".
Avant que la fosse ne soit comblée, les parents
du défunt pratiquent la “Qeria”,
déchirure rituelle d’un vêtement
en signe de deuil. Puis ils passent parmi les assistants,
lesquels prodiguent aux Affligés les traditionnelles
paroles de consolation "Que le Seigneur vous
console, vous et tous les affligés de Sion et
de Jérusalem". En Orient et en Afrique du
Nord, l’ensevelissement se faisait très
souvent à même la terre.
La pierre tombale est toujours sobre et ne comporte
généralement qu’une mention hébraïque
de l’identité. Toute représentation
telle que statue oui image est rigoureusement interdite.
Le cimetière est tantôt désigné
comme “Maison de vie” Beth Ha'Hayim, tantôt
comme “La Maison d’éternité”
Beth’Olam. Le judaïsme n’incite
pas les fidèles à entretenir le culte
des morts par des marques extérieures ou par
des visites répétées au Beth’Olam.
Toutefois, il était coutume naguère, surtout
en Afrique du Nord, de visiter et d’honorer les
stèles funéraires.
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Le
Kaddich |
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Le
Kaddich (« saint » en hébreu) est
un hymne à la gloire divine et un appel à
l’établissement de Son royaume sur la terre.
Le Kaddich est en araméen. Il se récite
debout, tourné vers Jérusalem, en communauté,
en présence d'un minyan (10 hommes au moins).
Le Kaddich est dit au cimetière et à plusieurs
reprises pendant l’office, notamment à
la fin, par les orphelins et les personnes en deuil
pendant onze mois après un décès
(et à chaque jour anniversaire du décès).
Cette
prière ne contient aucune allusion particulière
à la mort, mais elle est néanmoins récitée
dans ce contexte depuis le XIIe siècle. Le Kaddich
a ainsi été dénommé à
tort "Prière des Morts” alors qu’il
s’agit d’une prière de sanctification.
KADDICH
(Prononciation Sepharade)
Ytgaddal
véytqaddach chémèh rabba
Béalma di béra khiroutèth véyamlikh
malkhoutèh, véïasmah pourqanèh,
viqaréb méchihéh:
Béhayékhone, oubyomékhone oubhayé
dékhol bêth Israël baâghala,
oubizmane qarib véïmrou amèn
Yéhé chémèh rabba mébarakh
léalam léâlmé âlmaya
ytbarakh, véychtabbah, véytpaar, véytromam,
véytnassé, véythaddar, veytâllé,
véythallal, chéméh deqoudcha bérikh
hou.
Léêla mine ko bikhata chirata tichbéhata
vénéhamata, daamirane béâlma
véimrou amèn
AL ISRAEL véâl rabbanane, véâl
talmidéhone, véâl kol talmidé
tamidéhone, déyatbine, véâsquine
beoraïta quaddichta, di béatra hadène,
védi békhol atar véatar, yéhé
lana, oulhone oulkhone, chélama, hinna, véhisda,
véhayé arikhé, oumzoné révihé,
vérahamé, mine qodam élaha marèh
chémaya véarâ, véïmrou
amèn.
YEHE CHELAMA rabba mine chémaya, haym véssabaâ,
vichouâ vénéhama, véchezaba,
ourfoua, oughoulla, ousliha vékhappara, vérévah,
véassala, lanou, oulkhol, âmmo Israël,
véïmrou amèn.
Ossé chalom bimromav, hou béréhamav,
yaâssé chalom âlénou, veâl
kol âmmo israël véïmrou, amèn.
Barékhou ète adonaye hamméborakh
Baroukh adonaye hamméborakh léolam vaêd
KADDICH (Prononciation Achkenaze)
Yisgadal
veyiskadach chemé rabo,
beolmo di vero khiroussé, veyamlikh malkhoussé
be’hayékhon ouveyomékhon ouve’hayé
dekhol bess yisroël, baagolo ouvizman koriv, veïmrou
omen.
Yehé chemé rabo mevorakh leolom ouleolmé
olmayo, yisborakh veyichtaba’h veyispoar veyisromam
veyisnassé veyishadar veyissalé veyishalal
chemé dekoudcho, berikh hou
leélo min kol birkhosso vechirosso, touchbe’hosso
vené’hémosso, daamiron beolmo, veïmrou
omen.
AL YISROËL veal rabonon veal talmidéhon,
veal kol talmidé salmidéhon veal kol mon
deoskin beoraysso di veasro hodèn vedi vekhol
assar vaassar, yehé lehon oulekhôn chelomo
rabo, ‘hino ve’hisdo vera’hamin ve’hayin
arikhin oumezono revi’ho oufourkono min kodom
avouhon di vichemayo (vearo), veïmrou omen.
YEHE CHELOMO rabo min chemayo ve’hayim olénou
veal kol yisroël, veïmrou omen.
Ossé cholom bimromov hou yaassé cholom
olénou veal kol yisroël veïmrou omen.
Barékhou ète adonaye hamméborakh
Baroukh adonaye hamméborakh léolam vaêd
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Période
des 7 jours |
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Après l’inhumation, les “Onenim”
(Affligés) deviennent “Avelim”
(Endeuillés). Seuls sont appelés ainsi
les époux ou épouse, enfants, frères,
sœurs et parents du défunt. Chive’a
: les sept jours de deuil.
Les “Avelim” demeurent dans la maison
mortuaire pendant les sept jours qui suivent l’enterrement.
Chaque jour, des offices sont célébrés
avec “Miniane", soit une assemblée
de dix hommes, quorum nécessaire pour la prière
publique et lire le Kaddich.
Les Endeuillés cessent toute activité
pendant la période de “Chive’a”
(7 jours); ils reçoivent les visites d’amis
venus leur apporter des témoignages de sympathie.
Les femmes sont autorisées à s'occuper
du foyer et des enfants. Seuls, le Sabbat et les fêtes
religieuses survenant dans les jours suivant un deuil
peuvent en modifier les rites. Il existe neuf interdits
pour la période des sept jours :
1. Travailler
2. Se laver et se frictionner
3. Porter des chaussures de cuir
4. Avoir des relations conjugales
5. Etudier la Torah
6. Saluer ou répondre à un salut
7. S'asseoir sur un siège haut
8. Laver et repasser des vêtements
9. Sortir de la maison (sauf pour aller réciter
le kaddish à la synagogue)
Bien entendu, si pour des raisons professionnelles une
personne ne peut s'absenter les 7 jours complets, elle
fera de son mieux, et la Torah pardonne en cas de force
majeure.
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Période
des 30 jours |
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Les
règles du deuil, plus nombreuses et plus strictes
pendant les “Chive’a” (7 jours), se
prolongent un mois après l’enterrement.
La période du deuil est d’un mois pour
les époux ainsi que pour les frères et
sœurs mais d'un an pour les orphelins de père
ou de mère. Il existe cinq interdits
pour la période des sept jours :
1. Se couper les cheveux et la barbe
2. Participer à des réjouissances
3. Se marier
4. Porter des vêtements neufs
5. Saluer chaleureusement
En ce qui concerne les cheveux et la barbe, on peut
les couper après les 30 jours à condition
que des amis fassent une remarque désobligeante
sur l'aspect négligé de l'endeuillé
(Maran Yoré déa 395). Cependant du fait
que nous vivons dans un espace non-juif et que l'aspect
extérieur participe des bonnes relations humaines
et professionnelles, il sera licite de se couper les
cheveux et la barbe au bout de 30 jours (Rama Yoré
déa 390, 4).
En souvenir du défunt, une lumière doit
brûler dans leur foyer, sans interruption pendant
la durée du deuil et il faut continuer à
lire le Kaddich quotidiennement.
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Période
de l'année - La Hazkara |
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Pour son père ou sa mère, les 5 interdits
du mois sont valables durant toute la premère
année du décès, ainsi que le fait
de réciter le Kaddich quotidiennement, pendant
onze mois et une semaine.
Chaque année à la date anniversaire du
décès (et non de l'enterrement) en date
hébraïque, on organisera un office à
la mémoire du défunt. Cette cérémonie
se nomme hazkara (souvenir) en hébreu ou jahrzeit
en yiddish. Il est de coutume de jeûner pour ses
parents le jour anniversaire (sauf Chabat et fêtes).
Il est de coutume de se rendre à la synagogue
le Chabat qui précède la hazkara et d'y
réciter le kaddich à la mémoire
du défunt.
La lumière mortuaire est allumée
pour vingt-quatre heures..
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